20minutes.fr

Qui veut une place en crèche ?

Mardi 17/06/2008 | Posté par Marlène Schiappa

Dans les Hauts-de-Seine, certaines crèches sont dignes des plus luxueuses pouponnières. Avec plus de berceaux et moins de demandes qu'ailleurs !

 -- Cliquez pour voir l'image en entier

Après le fiasco de la chasse à la nounou, explorons un autre mode de garde : la crèche collective. Contrairement aux idées reçues, obtenir une place en crèche, dans la banlieue Ouest, c’est plutôt plus facile qu’ailleurs. D’une part, il y a peu de demandes, et d’autre part, il y a plus de places !

Les tarifs de la crèche sont fonction des revenus des parents. Ainsi, la CAF fournit un barème, tarif horaire de base, qu’il faut multiplier par le nombre d’heures.  Pour une famille aux revenus moyens, la garde revient à 400 euros par mois environ. Un couple plus aisé pourra payer jusqu’à plus de 800 euros (tarif plafonné) Si vous travaillez après 17 heures ( pour la plupart des cadres, hommes ou femmes, quitter le bureau avant 19 heures est un doux rêve...) il faudra y ajouter une baby-sitter pour les sorties de crèche. Ajouté à la crèche, le cout sera donc le même qu'une assistante maternelle ou une garde partagée. Dans ces conditions, pourquoi se priver d’une nourrice, avec des horaires plus adaptées à celles du travail, et qui fera un brin de ménage en prime ?

Anahita, mère d'un garçon de 2 ans, qui vient d’arriver de Nice à Neuilly, n’envisage même pas de demander une place : « La crèche collective ? Oh, non ! Je ne veux pas que mon bébé se fasse voler ses jouets ou tirer les cheveux. » Toutefois, pour ceux qui sont toujours intéressés, reste à avoir une place. Comme partout, les cas urgents sont étudiés en priorité : familles précaires, femmes battues, parents célibataires… Il faut bien sûr prouver que les deux parents travaillent à temps complet par divers documents, fiches de paie, avis d’impots, justificatifs de domicile, acte de naissance, (dernières analyses sanguines?) et compagnie.

Deux exemple concrets :  La mère de Simon, dans le 11 eme arrondissement de Paris, a fait une demande de place en crèche en mars 2007, avant même la naissance de son fils. Malgré un double-piston, un rendez-vous à la mairie, et des relances incessantes, aucune place ne lui a été attribuée: il semble que tout son arrondissement attende qu'une place se libère ! Son fils a bientôt 1 an, et elle a du opter pour une garde partagée. Dans le même temps, la mère de Pénélope*, à Levallois, a fait exactement les mêmes démarches : inscription à la mairie au 4 ème mois de grossesse, rendez-vous avec l’adjointe au maire, courriers, et elle s’est vue offrir une place dès la fin de son congé maternité. La ville de Levallois dispose en effet de trois fois plus de berceaux que la moyenne nationale, et de formules innovantes, telles que les mini crèches, crèches familiales, crèches d’entreprises…

Par ailleurs, dans les banlieues chics, les familles n’ont pas la culture de la crèche collective. Dans l’inconscient collectif, la crèche, c’est pour les pauvres et les mères célibataires. « A la crèche, on attrape la varicelle, des poux, et les enfants se refilent leurs miasmes. Si votre enfant est malade, ne cherchez pas: c'est à cause de la crèche ! Rien de vaut une mère à la maison» indique une pédiatre Neuilléenne très réputée au cours d’une visite de routine. Tant mieux pour la dizaine de mères qui chantent les louanges d'une crèche lors d'une réunion de fin d'année "Je ne pourrais plus m'en passer ! Vous êtes des bonnes fées ! " dit même l'une d'elles aux puréricultrices.

La CAF du 92 participe également, à hauteur de plusieurs milliers d'euros au financement de crèches collectives et d'entreprises (5 nouvelles structures cette année selon le magazine Vies de familles). Et certaines de ces crèches sont dignes des pouponnières  les plus luxueuses : une puréricultrice pour 3 enfants maximum, une pédiatre, une psychomotricienne payée par la Mairie présente une journée par semaine, une pédo-psychologue également un jour par semaine, les couches fournies par Pampers, des photos et des films tournés sur les bébés, des réunions et des fêtes régulières, et même une cuisinière qui se tient à disposition pour préparer les menus des bébés "faits maison" le matin même selon les demandes des parents… Super Nanny elle-même ne ferait pas mieux !

Marlène Schiappa

Crédit photo: Mairie de Boulogne-Billancourt

* prénom modifié à la demande de l'intéressée

Marlène Schiappa -

Réactions des internautes

Aglaïa
Mardi 17 Juin 2008, 12:05
Signaler un abus
Ces problèmes de garde sont un véritable fléau pour les mamans urbaines. Nous en sommes au point de devoir sacrifier nos carrières pour garder nos enfants, faute de places en crèche ou d'assistantes maternelles disponibles ! A ma sortie de congé maternité, je me suis vue dans l'obligation de quitter mon emploi, car avec mon bas salaire et le financement d'une garde partagée, je perdais de l'argent en allant travailler !!

La garde partagée est le moyen de garde le plus cher, et c'est celui qui bénéficie du moins d'aides... Où est la logique ?!
La population doit rajeunir : il faut que la natalité augmente pour faire des travailleurs, mais on ne donne pas les moyens aux salariés actuels d'assumer leurs enfants tout en conservant leurs emplois...

J'ai aujourd'hui des moyens un peu meilleurs, je m'installe à Nogent sur Marne en septembre et la place en crèche m'a là bas aussi été refusée. Nous envisagions un 2ème enfant, mais ça nous est désormais impossible : nous n'avons pas les moyens de payer 2 gardes. Je trouve quand même bien dommage que nos désirs d'enfants soient brimés pour ce type de raison !...

Il paraitrait que la roue tourne, mais il ne faudrait pas qu'elle attende que mon fils ait 18 ans...

Répondre -

lie
Mardi 17 Juin 2008, 13:54
Signaler un abus
Re: baby blues
Plus les classes supprimées en mater qui oblige les parents à faire garder leurs enfants parfois jusqu'à plus de 3 ans. J'ai été également obligé d'arrêter de travailler à l'arrivée du premier mais je n'ai pas regretté et financièrement, entre les impôts, les frais de garde, on s'y retrouve. Pour le deuz, j'ai cherché une crèche parentale, ça demande un investissement mais comme j'étais free-lance ça a pu coller, il faut juste pouvoir supporter les mômes des autres, sinon, les assistantes mater qui prennent plusieurs enfants, c'est bien aussi, mais il faudrait presque les reserver avant de tomber enceinte, nous on a attendu la rentrée du premier à l'école pour faire le deuxième.

Répondre -

Marlene Schiappa
Mercredi 18 Juin 2008, 18:32
Signaler un abus
Re: baby blues
Oui, Lie, à Neuilly et à Levallois (mais je crois que c'est général pour la région parisienne) il faut s'inscrire à la maternité à peine le test de grossesse fait, et pour la crèche, ben... dans la foulée en fait.

Après, il faut supplier et/ou prier.

Répondre -

Marlene Schiappa
Mercredi 18 Juin 2008, 18:34
Signaler un abus
Re:
Aglaïa,

Absolument d'accord avec vous.

Mon rêve secret serait que la congé parental pour hommes soit généralisé et payé, pour que nous (mères) puissions aller bosser pendant que les pères font le ménage et les biberons.

Mais ne le répétez pas.

Répondre -

Romuald
Mercredi 18 Juin 2008, 22:11
Signaler un abus
Re:
En parlant du congé paternité, les Suisses avaient carrément voté contre, vraisemblablement manipulés par les néo-nazes de l'UDC qui prône le retour de la femme au foyer (comme toutes les extrêmes-droites..) et donc, la non-subvention par l'Etat des crèches.

Ce problème de crèche est également encore plus criant en Allemagne que par chez nous; l'Allemagne étant encore imprégnée du Kinder Küche Kirche (enfants, fourneaux, église) de l'ère nazie.
Du moins, en ce qui concerne l'ex-RFA, puisqu'en RDA, les femmes travaillaient, et les entreprises disposaient de leurs propres crèches - ça se fait également aux USA je crois.

En Allemagne toujours, tout pousse les couples à ne pas faire d'enfant, puisque le système scolaire allemand regroupe les cours le matin, et laisse du temps libre aux écoliers l'après-midi. Or ses horaires sont incompatibles pour qui bosse à plein temps.



Je n'ai pas (encore) d'enfant, mais j'ai eu l'occasion de m'occuper durant des perm involontairement prolongées d'une de mes nièces lorsqu'elle était tout bébé. Je n'imaginais même pas que ça puisse être aussi fatiguant nerveusement, stressant, alors que je suis d'un naturel calme au contraire. Déterminer pourquoi un bébé pleure, comment le calmer etc.
Mais c'est du pur bonheur de la voir évoluer, lentement mais sûrement, de la voir faire ses 1ers pas à 4 pattes. Et après quelques mois d'absence, de la voir commencer à se mettre debout, babiller et enfin s'exprimer.


Sinon, mesdames, vous indiquez avoir réfléchi avant de faire un autre enfant, à cause justement du véritable parcours du combattant qui s'ensuit. Garde, crèche, mais aussi finances, nombre de pièces que comporte le logement etc.
Autant de facteurs bien contraignants, surtout qu'apparemment, rien n'est fait pour faciliter "la tâche".. :/

Répondre -

Youyousse
Jeudi 19 Juin 2008, 00:06
Signaler un abus
Re:
Allez faie un tour dans ma ville, Puteaux, la voisinne de neuilly, et là vous verrez ce qu'est que le clientellisme!
D'aillerus un reportage sur les crêches à Puteaux est passé sur M6.

Répondre -

Romuald
Jeudi 19 Juin 2008, 09:30
Signaler un abus
Re:
Je crois malheureusement que le clientélisme ne se cantonne pas à Puteaux.

La mère de ma nièce, càd ma soeur, ayant elle-même bénéficié d'un piston pour placer il y a quelques années son fils dans une crèche, à Aix. Elle connaissait simplement un conseiller municipal de l'ancienne municipalité (PS)..

Et pour faire court, rares sont les politiciens honnêtes à se faire élire sans avoir pratiqué le clientélisme.

Répondre -

Steffi
Vendredi 20 Juin 2008, 12:07
Signaler un abus
Re:

Une de mes amies allemandes ( ex RDA) a été "élevée" en crèche et elle voyait rarement ses parents. C'est sûr, sa mère pouvait travailler sans avoir de soucis de garde d'enfants. Mais la vie de famille pour elle n'a jamais existé. Sa mère n'a pas pris le temps de jouer avec elle, de l'écouter.
Certains enfants passent de longues journées en crèche puis à l'école maternelle (parfois 10 heures par jour!). Les mères sont stressées . Ont-elles le temps et la disponibilité pour s'occuper de leur progéniture après 7 h du soir? J'en doute. 
En tant qu'enseignante, j'ai vu des enfants perturbés par l'absence de leur mère. 
Ne soyons pas étonnés de voir autant d'enfants agités. Une instit de maternelle m'a dit repérer d'emblée les enfants venant de crèches.
Je ne regrette pas d'avoir fait garder mes enfants par une assstante maternelle  et ma fille fait de même.

L'Allemagne n'est plus imprégnée de Kinder, Kirche, Küche( cuisine). Les femmes allemandes ne font plus d'enfants.C'est vrai qu'il n'y a pas de crèches, peu de jardins d'enfants et pas d'écoles maternelles. Elles perçoivent ,depuis début 2007, une allocation. 

 

Répondre -