De Bondy à Neuilly
Vendredi 18/01/2008 | Posté par Sandrine Cohen-Roux
Du 9-3 au 9-2. De la rue Roger Salengro au Boulevard Julien Potin. Sandrine Cohen-Roux se souvient du "Grand Voyage". Sa prose à fleur de peau se lit comme un roman :
Vu de Neuilly, Bondy me semble bien loin aujourd'hui...
Loin par l'espace et le temps qui me séparent de ma ville presque natale. Je suis née à Pantin en décembre 1963. Trois mois après ma naissance, mes parents ont déménagé à Bondy... On habitait rue Roger Salengro dans un immeuble de 7 étages. Mon père avait obtenu cet appartement grâce au 1% patronal. Il travaillait comme facturier et intendant chez Monsieur Edmond, rue Saint Lazare, un magasin de confection. Il gagnait 800 francs par mois, tandis que ma mère gagnait des clopinettes en organisant des réunions Tupperware.
Nous étions cinq à habiter un F3 d'environ 70 m2. La salle à manger servait le soir venu de chambre à coucher pour ma grande sœur et moi. Mon frère, lui, avait sa chambre bien à lui. Comme chacun sait, rien n'est trop beau pour un garçon.
J'étais jalouse de Chantal, la petite fille qui jouait dans le jardin de l'immeuble d'à côté. Je l'observais de ma fenêtre et je me disais que ses parents devaient être bougrement riches pour habiter un immeuble pourvu d'un jardin. Notre terrain de jeu à ma sœur, mon frère et moi, c'était une simple cour en béton entourée d'un grillage qui nous protégeait de la rue.
De mon côté, j'ai eu beau faire amie-amie avec Chantal, elle ne m'a jamais invitée à jouer avec elle dans son jardin. Je me consolais en allant dans le jardin public, à quelques pas de la maison, où siégeait la bibliothèque. Je passais tous les jours devant en allant à l'école du Mainguy. Je garde de ces années un souvenir heureux et lumineux. J'adorais ma maîtresse, Madame Hoffer, et je m'y suis fait d'autres amies plus accueillantes que la petite Chantal. En particulier Magalie qui m'invitait souvent dans son pavillon. Dépaysement assuré. Elle et son frère avaient des jouets à ne plus savoir qu'en faire, tandis que je me contentais de récupérer les vieilles affaires de mes deux aînés, aussi bien les vêtements que le reste. Ma sœur ayant 6 ans de plus que moi, j'ai rarement été à la mode. Mais à 10 ans, je m'en fichais pas mal. Contrairement à ma sœur, je suis trop jeune pour avoir connu les blouses à l'école. Au moins, elles avaient l'avantage d'éviter les jalousies entre gamins de milieux sociaux trop disparates. Mais à Bondy, au début des années 70, j'avais d'autres rêves que de m'habiller en Hello Kitty ! C'était une époque où le nom des marques n'avait pas encore supplanté celui du père... En parlant du père, le mien n'était pas riche mais économe et prudent.
Bondy avait un côté charmant et presque provincial. Je me souviens de la charrette et du cheval du vieux paysan qui habitait en face de la place des marronniers tout près du jardin public et de cette fameuse bibliothèque. J'y ai passé pas mal de samedis après midi. C'est là que mon amour des mots s'est développé je crois. C'est aussi grâce à ma mère, une marocaine qui avait dû interrompre ses études en 3ème pour travailler et aider ses parents et ses sept frères et sœurs. Elle était fascinée par la culture française et ne rêvait que d'une chose, quitter son Maroc natal pour venir à Paris, la ville des Lumières, des chansonniers et des écrivains.
Pourtant, la première fois que je suis allée à Paris, ce ne fut pas avec elle mais avec la famille de Magalie. C'était aussi la première fois que je mettais les pieds dans un restaurant. Jamais je n'aurais pu rendre à Magalie son invitation. Mais mon père, qui a toujours su prendre des risques calculés, améliorait ses fins de mois grâce à une petite chemiserie qu'il avait achetée en association avec celui qui tenait cette boutique de la Porte de Clichy. Aujourd'hui, à la place, il y a un magasin d'électroménager.
Ma mère, elle, ne lésinait pas sur la qualité quant à notre éducation musicale. On avait peu de 33 tours, mais que du lourd : Mozart, Beethoven, Chopin, Vivaldi et Liszt pour la musique classique et pour le reste : Ferrat, Brel, Brassens, Barbara, Lama. Claude François ou Sheila n'avaient pas droit de citer à la maison. Brel passait donc en boucle sur notre petit tourne disque.
C'est encore ma mère qui nous a inscrit au conservatoire de Bobigny. J'y prenais, comme ma sœur avant moi, des cours de danse classique et de solfège. Quand je fus assez grande pour y aller seule, je traversais Bondy Nord et ses cités sans la moindre crainte. Je me souviens qu'une fois, j'avais égaré un chausson de danse en rentrant à la maison et que quelques jours plus tard, je l’avais retrouvé accroché à un piquet de chantier. C'était l'époque des grands travaux routiers près du Darty et de la Nationale.
Plus tard, quand on a déménagé rue Jules Guesde, à côté de la caserne des pompiers et en face du Lycée Frémin, la même mésaventure m'est arrivée mais cette fois-ci avec mes chaussures de sport, des Palladium. Les marques avaient fini par me contaminer. Malheureusement, cette fois ci, ce n'était pas un mais les deux pieds que j'avais égarés. J'eus beau faire le chemin à l'envers, aucune bonne âme n'eut l'idée de les accrocher en évidence à quelque piquet que ce soit.
A cette époque, mon père avait changé de boulot. Il était à présent gérant d'un pressing à Péreire, un quartier plus chic que la porte de Clichy. En 1973, mon père voulut changer de voiture et celle qui lui plaisait était garée à Boulogne Billancourt. Il jeta un œil sur la voiture, puis leva les yeux un peu plus haut et vit qu'un appartement occupé était à vendre. Il se renseigna auprès de la gardienne, rencontra la locataire et revint sans la voiture mais avec la ferme intention d'acheter l'appartement.
En deux temps trois mouvements, l'affaire fut réglée. Ma mère n'eut même pas le temps de le visiter que mon père avait déjà fait une offre. Un an plus tard, mon père quittait le pressing pour se mettre à son compte. Il prit cette décision suite à un incident dont il avait été témoin : une vieille dame, devant lui, s'était fait humiliée parce qu'elle avait osé demander à repeser sa viande. Scandalisé et comprenant que cette situation avait été rendue possible par l’absence de concurrence, il s'associa à 50-50 avec un boucher et acheta un local à la Villette, juste à côté du tout-puissant grossiste. Ce fut le début de la fortune.
C'est donc en 1977 que nous quittâmes Bondy pour Boulogne. J'étais alors en 4ème à Frémin et quand j'annonçais la nouvelle à mes camarades de classe, il n'y eut aucune réflexion relative au fait que j'allais maintenant vivre chez les rupins. Même moi, je n'avais pas compris les changements que cela allait impliquer. Quand on vit à Bondy, on n'a aucune idée de ce qui ce passe ailleurs.
Je n'ai jamais eu conscience d'être issue d'un milieu modeste avant d'atterrir à Boulogne. La claque fut retentissante. Les filles de mon nouveau collège ne parlaient que de Sacha. Comprenez les chaussures... A Bondy, on se passionnait pour la politique (Mitterrand avait perdu de peu face à Giscard), les sujets nobles (la peine de mort ou l'image de la femme dans la publicité). J'avais l'air déplacée au milieu de toutes ces Boulonnaises de souche, avec mon look de baba, ma chemise blanche de grand père et mon foulard violet. C'est là qu'on se rend compte à quel point changer de département, c'est un peu comme changer de planète. Et j'ai eu du mal à me sentir chez moi sur la planète Boulogne. Ca s'est même ressenti sur mes résultats scolaires, moi qui étais plutôt bonne élève !
Un autre truc qui m'a marquée. A Bondy, que ce soit à l'école primaire ou au collège, il y a toujours eu des Mohamed, des Nadia, des David, des Michel dans ma classe. Il y avait une vraie diversité. Mes meilleures copines étaient martiniquaises, vietnamiennes, italiennes françaises ou algériennes. Et toutes les confessions étaient mélangées sans que cela pose le moindre problème. A cette époque, un truc comme SOS racisme aurait été complètement incongru.
A Boulogne, c'était loin d'être le cas. Il n'y avait pratiquement pas de mixité ethnique et pour ce qui était de la mixité sociale, n'en parlons pas. Un vrai ghetto de bourgeois. Mais le propre de l'homme, c'est de s'adapter à son milieu, ce que j'ai fini par faire bon an mal an...
C'est un cliché, mais je sais depuis longtemps que l'argent ne fait pas le bonheur. J'ai connu une fille unique archi gâtée (Rolex au poignet et j'en passe) qui s'était défenestrée à l'âge de 17 ans. Heureusement, elle s'était ratée, mais des drames comme celui-ci, je n'en ai pas connu quand j'habitais Bondy, excepté cette petite fille de 11 ans qui s'était faite pratiquement violée dans la cave de son immeuble. Cela ne démontre rien quant au degré de bonheur des enfants et adolescents habitant Bondy ou Boulogne. Cela prouve juste qu'il y a des détraqués sexuels à Bondy et des jeunes filles riches et suicidaires à Boulogne. N'empêche que cette histoire de viol avait fait pas mal de bruit dans le quartier du Lycée Frémin et je soupçonne mon père d'avoir voulu quitter Bondy pour protéger ses enfants de ce genre de dangers.
C'est donc à Boulogne que j'ai passé mon bac. Après des études de lettres à la Sorbonne, je me suis lancée dans le journalisme. A 25 ans, j'ai quitté le domicile familial pour vivre à Paris dans le 18ème, 10ème, 11ème et 17ème arrondissement. Des quartiers où la diversité sociale existe encore malgré tout.
Beaucoup plus tard, j'ai rencontré mon mari qui, lui, habitait le 16ème. On a vainement cherché un appartement et quand je suis tombée enceinte, on a déménagé à Neuilly. Pour mon mari et mon bébé, c'était pratique. L'un travaille à côté tandis que l'autre a le bois comme terrain de jeu. N'empêche que là encore, j'ai eu du mal à m'y faire. A vrai dire, depuis 18 mois qu'on vit à Neuilly, je ne m'y sens toujours pas à ma place. Neuilly, c'est Boulogne puissance trois, alors vous imaginez par rapport à Bondy...
Une chose est sûre. Je n'ai pas envie que notre enfant soit scolarisé ici. Je veux qu'il connaisse lui aussi d'autres cultures, d'autres milieux et ce n'est pas à Neuilly qu'il risque de les découvrir. En plus, quand je vois des préados en train de fumer devant le lycée St-James, ça ne donne pas vraiment envie.
Voilà, j'ai beau habiter aujourd'hui dans la banlieue la plus chic de France, le fief historique de Nicolas Sarkozy, ce n'est pas pour autant que je partage les idées politiques de la plupart des Neuilléens. Que voulez vous ? Je garde au fond de moi cette enfance bondynoise qui ne m'a pas permis de me fondre complètement dans le paysage neuilléen. Je suis fière de venir du 9-3 comme on dit aujourd'hui. C'est là que j'ai eu accès à la culture avec un grand C. Et puis, tous ces dimanches après midi-passés à la salle Jean Giono où je pouvais voir pour 1 franc des films comme Sinbad le marin, l'Aventure du Poséidon ou l'Horloger de Saint-Paul, franchement… ça n'a pas de prix.
Sandrine Cohen-Roux

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Blaise 


Réactions des internautes
Mardi 22 Janvier 2008, 19:03
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Jeudi 31 Janvier 2008, 13:13
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Re:
Je trouve ce texte très beau et très bien écrit. Sandrine n'est pas seulement un bon écrivain, mais c'est aussi une femme généreuse si j'en crois le fait qu'elle héberge actuellement Idir à Neuilly. Pour ma part, j'ai hâte de lire la suite. A quand le livre ?Répondre -
Jeudi 31 Janvier 2008, 18:19
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Re:
Chapeau ! Passer de Bondy à Neuilly, ce n'est pas commun. Il vaut mieux le faire dans ce sens que dans l'autre... J'ai beaucoup aimé ce texte qui m'a fait voyager dans le temps et revisiter les années 70. Bravo pour votre plume et votre sens de l'hospitalité.Répondre -
Vendredi 1 Février 2008, 15:04
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Re:
Personnellement, je trouve ce texte assez complaisant mais je reconnais que c'est bien écrit.Répondre -
Mercredi 13 Février 2008, 00:47
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Neuilly Vincennes Bondy : Faites le lien...
Quel plaisir de lire ce parcours dans lequel je me reconnais en partie avec 10 ans de décalage et surement un peu plus d'aisance financière au niveau parental. Peut être ai-je été un de ces habitants des immeubles avec jardin entre la rue Salengro et la rue Jules Guesde, ceux de la petite Chantal !Arrivé à Bondy à l'age de 2 ans en 1975, cette ville est celle de ma jeunesse jusqu'à 19 ans. Elle m'a marqué et aujourd'hui encore je ne cesse de la défendre. Pas aveuglément, car tout n'est pas défendable dans ce qui se passe parfois en banlieue, à Bondy comme ailleurs, mais toujours avec passion.
La rue Jean Jaurès, les écoles du Mainguy, la petite bibliothèque au milieu de son parc aux marronniers, le terrain de sport des pompiers, la résidence Jules Guesde, le Batiment S, le lycée Fremin devenu Jean Renoir, le stade Leo Lagrange : ce sont aussi pour moi des lieux à jamais gravés de souvenirs d'enfance. Mais ces souvenirs ne sont rien sans celui de la richesse des amis d'alors. Un fils de gardien d'immeuble portugais, un fils de chauffeur de taxi italien, un petit antillais endimanché un jour de première communion, des Mohammed et des Camven, mais aussi des « gaulois pur souche » comme moi, tous différents et finalement tous si riches d'expériences et de joies à partager.
Puis ce qu'on appelle l'ascension sociale fait que bien que très attaché à sa ville, on s'en éloigne : Neuilly-Plaisance d'abord pour garder encore une attache 9-3, puis Joinville-Saint Maurice, avant de s'établir à Vincennes, surement un petit Neuilly de l'Est parisien. On privilégie alors une certaine qualité de vie (transports, espaces verts, commerces) au lieu ou l'on a grandit.
Comme un bon provincial fière de sa région, reste alors à bien défendre ses origines de Bondynois, heureux sous son arbre et à montrer aux Neuilléens, Vincennois ou Parisiens du 16ème que c'est un territoire riche, à 30 minutes de RER de chez eux. C'est peut-être plus facile à Vincennes qu'à Neuilly, Montreuil et son coté multi-culturel ne sont qu'à deux rues. Alors, il faut en profiter.
La promotion du lieu de notre jeunesse reste pour moi un plaisir permanent. J'adore toujours autant la surprise de dire que je suis bondynois lorsque dans un repas d'affaire ou une réunion profesionnelle je me retrouve entourés de Banquiers d'affaires à particules ou de cadres dit supérieurs qui ne connaissent ces territoires que par le prisme des pages banlieues du Figaro. Et j'essaie de modestement contribuer à l'image positive de cette banlieue. C'est ma façon de le faire moi qui n'y vit plus.
Reste enfin la question des enfants. Aurais-je envie qu'ils grandissent à Bondy en 2008 ? Pas si sur pour être totalement honnête ! Ai-je envie qu'ils ne grandissent que parmi des fils aisés de cadre sup ? Pas totalement sur non plus ! Trouver le juste équilibre pour qu'ils puissent connaître et ne pas avoir de stéréotypes : voilà un défi. Et pourquoi ne pas espérer qu'ils m'accompagnent prochainement dans un jogging le long du canal de l'Ourq en pensant : Ouaouh ! Chez toi aussi c'était pas mal ! Et les gens ont l'air sympa ! C'est peut-être la piste que je suis le plus à même de poursuivre à ce jour, pour eux....
Vive Bondy ! Vive Neuilly! Que ceux qui peuvent faire le lien ne s'en privent pas. C'est surement la meilleure façon d'aider demain ceux qui auront à franchir des pas dans un sens ou un autre. Que cela soit fait le plus naturellement possible pour enfin faire tomber ces barrières qui ne permettent pas à nos banlieues de prendre la place qu'elles méritent.
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Jeudi 21 Février 2008, 14:31
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Re: Neuilly Vincennes Bondy : Faites le lien...
Treblav,Vous avez sensiblement l'âge d'un de mes enfants qui a passé son bac à Jean Renoir. Vous êtes nostalgique d'une époque qui a bien changé à présent. Etes-vous revenu sur les lieux de votre enfance? Vous seriez déçu par Bondy. Beaucoup de béton, l'ambiance dans les cités n'est plus la même. Vous êtes parti au début des années 90, Bondy n'était encore presque qu'un village. Puis tout a évolué. Vous ne reconnaîtriez plus le quartier de la gare, celui de l'Eglise et bien d'autres encore.
Vous aimez provoquer la surprise chez ceux avec qui vous travaillez.Mais, vous êtes content d'avoir quitté cette ville et je ne pense pas que vous reviendriez y habiter.Demandez donc à un élève sortant du 93, s'il lui est facile de faire une prépa dans un lycée parisien.Si j'en avais les moyens, j'en partirais.
Quant au canal de l'Ourcq, je n'y vais plus: les agressions dont j'ai été victime m'ont traumatisée.
J'aspire à un autre environnement. Aussi, je m'évade le plus souvent possible.On en éprouve le besoin, sinon on perd de vue qu'il existe un autre monde que notre banlieue. On a besoin d'échanger avec des personnes qui vivent autre chose.
Croyez-vous que vos enfants, en allant faire du jogging ,au bord du canal ,auront une idée de la vie ici?
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Jeudi 21 Février 2008, 05:22
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neuilly tel est ton destin
Neuilly c'est neuilly mais si tu y vis tu peux y faire ta vie. Il doit y avoir quelques vers c'est amusant.J'y vis depuis 14 ans, d'abord je n'y vivais pas vraiment, j'étais plutot sur paris. Avec un enfant je me suis mise à fréquenter les parcs st james, le bois, le jardin d'acclimatation, puis avec l'école j'ai rencontré d'autres parents. J'ai plus sympathisé avec les gens d'origine étrangère, ceux qui avaient voyagé aussi, qu'avec des neuilly-natives.
Je connais aujourd'hui plus de familles par l'école mais cela vaut le coup d'essayer de rentrer en contact car là aussi il faut faire tomber le cliché. Tout le monde n'est pas pété de tunes à neuilly. Je connais une famille, ils vivent à 5 dans un grand studio, depuis des années.
Il faut s'ouvrir aux autres, ne pas avoir d'idées préconçues sur les institutions. A vous de faire votre place, votre neuilly.
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Jeudi 21 Février 2008, 05:26
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suite neuilly tel est ton destin
Et d'ailleurs être pété de tunes ou non ne rend ni intelligent ni plus ou moins aimable. Bien sûr parfois certaines personnes ont une certaine suffisance mais tout le monde est preneur de rapports chaleureux, allez donc au bout de la rue de longchamp dans une papeterie librairie, vous verrez c'est un peu la cabine des marx brothers dans une nuit à l'opéra et il y a vraiment une ambiance "village".Répondre -
Jeudi 21 Février 2008, 12:20
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Re: suite neuilly tel est ton destin
Votre parcours Treblav est assez similaire au mien et j'ai eu beaucoup de plaisir à le découvrir. Merci pour ce chouette témoignage. Merci aussi à Sucrerie pour le sien. Je me reconnais bien là aussi. Les rares personnes avec qui j'ai sympathisé sur Neuilly sont également d'origine étrangère. Et cela s'est fait grâce aux enfants. En tous cas, la prochaine fois que je dois aller à la poste, j'en profiterai pour aller faire un tour dans la librairie dont vous parlez (celle qui est à côté de la laverie près de la rue Boutard, n'est-ce pas ?). Ca a l'air assez folklo... Ca me changera de Bagatelle, où l'air est certes plus pur (c'est fou, cette démarcation dans le ciel de la rue de Longchamp dès qu'on s'approche de l'avenue Charles de Gaulle, c'est très net en été), mais où il faut bien avouer qu'on s'y ennuie fermeRépondre -