« J’ai les mêmes préoccupations que les mères de familles de Bondy ! »
Lundi 12/05/2008 | Posté par Marlène Schiappa
Stéphanie a accepté d’inaugurer une galerie de portraits des habitants de Neuilly. Elle nous explique pourquoi elle est « Neuilléenne de cœur ». Son crédo, au delà des clichés qu'il ne faut pas prendre au sérieux : mais si, à Neuilly, il y a aussi des gens normaux !
Stéphanie B. a 34 ans. Elle vit à Neuilly avec son mari et ses enfants. Vendeuse chez un « marchand de couleurs » à Paris, elle aime prendre des photos des petites rues de Neuilly quand elle a du temps libre. C’est comme ça que nous nous sommes rencontrées, et même si elle est « timide de ses photos », comme elle dit, elle a promis de nous en envoyer quelques unes très bientôt pour illustrer le Neuilly Bondy Blog.
Pour la titiller gentiment et la faire parler d’elle, je lui ai posé toutes les questions qu’on peut entendre dès qu’on avoue, un brin honteux : « Moi aussi, j’habite à Neuilly… »
En 2004, le mari de Stéphanie est muté : il passe de Nantes, leur ville natale, à la Région Parisienne. Effrayés par le dossier de 300 pages à fournir (empruntes digitales, derniers vaccins du chien et un an de caution) pour louer un appartement, Stéphanie et son mari sautent sur la proposition d’un futur collègue de reprende le sien, à Neuilly.
Je lui demande des précisions : « Bien sûr, c’est un immense duplex avec terrasse ? » Stéphanie hoche la tête en souriant : « Eh bien, nous habitons un 3 pièces de 50 mètres carrés à quelques pas de la Mairie. Nos deux enfants, une fille et un garçon, partagent une chambre. Notre appartement est tout ce qu’il y a de plus banal, je pense qu’il y a beaucoup de personnes à Paris ou même en Seine-Saint-Denis, au Bourget ou au Raincy, qui vivent dans le même genre d’immeubles. J’espère même pour eux qu’ils en ont de plus récents car l’immeuble doit dater de 1903… Et j’exagère à peine ! »
Stéphanie détaille son budget : entre leur loyer, le crédit contracté pour leur déménagement et les frais des enfants, les salaires de vendeuse (elle) et d’assureur (son mari) partent vite. « A la fin du mois, je suis souvent à découvert, nous avons un loyer de retard en ce moment, ajoute-t-elle en baissant un peu la voix et en regardant autour d’elle, à Neuilly, paradoxalement, c’est plus difficile qu’ailleurs d’avoir des difficultés, tout est cher, je trouve : un Coca au bar d’en face, c’est 4 euros 50 ! Le regard des autres est plus cruel aussi, à l’extérieur dès qu’on dit « Neuilly » on pense « salaud de riche ! » et tous les préjugés qui vont avec. On en rit deux minutes, puis ça deviant désagréable d’être catalogué sur ce seul mot magique, « Neuilly », alors qu’on n’est même pas nés ici !
C’est vrai qu’il y a de grandes fortunes ici, et c’est l’autre aspect inconfortable pour nous : Avec les enfants, c’est difficile de suivre, à Noël nous étions fiers d’avoir offert un lecteur MP3 à notre fils… mais ce n’était pas un IPod, donc il a fallu le ramener parce que ses copains se moquaient de lui. Autre exemple : ses camarades de classe partent cet été chez la mère de l’un d’eux à New York. Nous, nous ne pouvons pas lui payer le billet d’avion ! Nous ne sommes pas pauvres, pas du tout, mais pas riches non plus. Alors c’est vrai que la comparaison avec certains est difficile à tenir… »
Serait-elle mieux ailleurs ? « Je ne pense pas, j’ai appris petit à petit à aimer Neuilly : c’est une ville propre et bien tenue, les lycées sont très bons, les enfants y ont des amis. J’étais réfractaire à la mentalité en arrivant, mais j’ai découvert des gens généreux quand on fait l’effort de gratter le vernis social. Puis pour la passionnée de photos que je suis, certains coins sont magnifiques. Je suis une Neuilléenne d’adoption et de cœur ! » L’inévitable Nicolas Sarkozy fait son entrée dans la conversation : Stéphanie se revendique du beau néologisme d' « apartide », et dit qu’elle aimerait croire en la politique, mais n’a pas encore « trouvé sa paroisse ». En revanche, elle déplore que les médias « s’acharnent sur sa vie privée, ses ex-femmes, ses fils… » en désignant la une de Paris Match affichée sur le kiosque à journaux. Elle me fait les gros yeux quand je lui parle de l’article sur Jean Sarkozy « playboy ». Mais elle ajoute quand même dans un demi-sourire « Il a indéniablement un petit quelque chose de Charmant »…
Une dernière question avant de nous quitter : je lui demande très sérieusement si elle a passé son week-end de pont à jouer au golf ou si elle était à Deauville. Elle éclate de rire : « Le samedi je travaille, donc on ne part jamais en week-end ! Mais Neuilly, c’est agréable aussi… Pendant les vacances, nous allons dans nos familles à Nantes, le dimanche nous faisons des pique-niques au Bois de Boulogne. Pas de yacht avec Bolloré en perspective. Sinon, nous avons aussi des activités délirantes comme acheter des cahiers à gros carreaux sans spirale pour les enfants…
Nous sommes des gens « normaux », et je pense que j’ai les mêmes préoccupations (éduquer mes enfants, payer mes factures, courrir après le temps…) que les autres mères de famille, qu’elles soient à Neuilly ou… à Bondy par exemple ! »
Marlène Schiappa

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Blaise 


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