20minutes.fr

« Accoucher à Neuilly, comme Angelina Jolie » : à quel prix ?

Mercredi 25/06/2008 | Posté par Marlène Schiappa

Les maternités privées « vues à la télé » des Hauts-de-Seine font rêver les futures mères. Du rêve à la réalité, il y a parfois un monde, et une facture…

 -- Cliquez pour voir l'image en entier

«  Je voudrais accoucher à l’Hopital Américain de Neuilly, comme Angelina Jolie voulait le faire pour Shiloh ! » c’est ce que dit une femme enceinte jusqu’aux yeux à son amie, dans le bus qui longe le boulevard dudit hôpital. Elle ne sait sans doute pas que c’est un peu tard pour choisir :  accoucher dans un hôpital prestigieux des Hauts de Seine, c’est une décision qu’il faut prendre au moment de la conception. Et ces maternités de stars n’hésitent pas à faire payer leur notoriété très cher.

Dans la salle d’attente du prestigieux Hertford British Hospital, aussi appelé le Franco Britannique, 4 femmes aux ventres encore archi plats attendent qu’on appelle leur numéro pour s’inscrire. Rien que pour avoir une place, c’est le parcours du combattant. L’une d’elle explique, en gardant un œil sur le panneau d’appel des numéros : « J’ai commencé par téléphoner, on m’a donné un numéro provisoire. J’avais fais mon test de grossesse le matin même. Le lendemain, je suis venue confirmer en personne mon inscription, en remplissant tout un dossier, où on me demandait la pointure du père du bébé, ma profession, et d’autres détails… Il a fallu ensuite amener les photocopies de divers documents officiels. Il me manquait un document, donc je suis revenue dès que j’ai pu, j’ai pris une RTT pour être là. J’ai des amies qui se sont faits refoulées en s’inscrivant trop tard, si vous ne réservez pas, au moment d’accoucher, on vous envoie au Perpétuel Secours, un hôpital public je crois. La chef de service de l’hôpital Anglais passe souvent dans des émissions de télé, et tant pis s’il est semi-privé et qu’il pratique des dépassements d’honoraires! »

Vu à la télé, l’argument choc ? « Ce qui m'a fait choisir le Franco Britannique, ce sont les à-côtés: pendant la grossesse, l’hôpital propose, en plus de la visite mensuelle obligatoire, les services d’une diététicienne, de la balnéothérapie dans la piscine de l’hôpital au sous-sol, et de l’haptonomie, une préparation à la naissance recommandée par Catherine Dolto, où le père parle au bébé en touchant le ventre » indique Gabrielle*, une jeune mère venue pour une séance de kiné post-accouchement.

Tarif : 180 euros l’inscription, plus 20 euros la séance. Non remboursé par la sécurité sociale. La balnéothérapie, quant à elle, facture entre 120 et 180 euros l’inscription, selon l'avancée de la grossesse, plus une "participation" au cours. Pour les pères, il y a aussi des groupes de paroles à 15 euros la séance. 

Charlotte a été suivie à l’hôpital Américain de Neuilly, le fameux hopital « d’Angelina Jolie » « J’ai fait 8 échographies pendant la grossesse, au lieu des 3 remboursées, dont 2 en 3D, avec une petite vidéo. J’en ai eu pour plus de 1000 euros d’échographies… Mais je ne voulais pas lésiner sur la dépense pour cet événement»

Peut-on définir un rapport qualité/prix pour la naissance de son enfant ? Gabrielle*, en tout cas, regrette son choix : « L’accouchement a été cauchemardesque : je vous épargne les détails. Un seule exemple, l’obstétricienne a quand même fait tomber mon bébé à la naissance ! Pour un hôpital VIP… » Camille a accouché dans un autre établissement privé, facturé 800 euros non remboursés  le séjour, et elle aussi choisira un hopital public la prochaine fois : « Il y a eu des complications, on a du me transférer dans un hôpital public  juste après l’accouchement, sans mon bébé, resté sur place. Un souvenir très douloureux. »

Marlène Schiappa


crédit phot: AFP

* prénom modifié

Marlène Schiappa -

Réactions des internautes

lie
Mercredi 25 Juin 2008, 16:15
Signaler un abus
Dans le public aussi il vaut mieux s'inscrire fissa, dés la confirmation de grossesse. J'ai eu de la chance d'avoir eu de la place à R Debré, car je m'y suis prise très vite et franchement je ne le regrette pas, Bicha aussi est très bien, je conseille vivement aux futures mamans de privilégier la sécurité, plutôt que la qualité VIP de ces maternités privées.

Répondre -

Aglaïa
Mercredi 25 Juin 2008, 16:52
Signaler un abus
Il devient impossible d'accoucher en hôpital public en région parisienne, à moins de s'être inscrite avant la préocréation ! (et j'exagère à peine !) Quand on est "prudente" comme moi et qu'on attend la fin du premier trimestre de grossesse pour s'inscrire, et bien on se retrouve le bec dans l'eau et seul les cliniques privées nous accepte... Moyennant finances bien sûr !

Répondre -